Chez Herblot Productions, nous sommes en train de produire notre premier documentaire cinéma : Lou, dans la vague.
Un film sur Lou Méchiche, jeune Bordelaise malvoyante et triple championne du monde de parasurf.
Pour documenter chaque étape de ce projet, nous partageons tout en transparence sur notre chaîne YouTube.
Et dans cet article, on vous livre le setup complet que nous avons choisi pour ce tournage, en expliquant pourquoi chaque élément est là, et ce dont vous pouvez vous passer.
Si vous préférez apprendre tout ça en vidéo, l’épisode est juste ici 👇
Les caméras : deux corps pour deux usages
Choisir sa caméra pour un documentaire, c’est avant tout choisir une façon d’être avec son sujet. Pas une résolution ou une fiche technique.
La Sony FS5 Mark II — caméra principale
C’est la colonne vertébrale du tournage. La FS5 II est une caméra broadcast compacte, pensée pour le reportage et le documentaire. Ce qui nous a séduits pour « Lou, dans la vague » : sa discrétion.
Quand vous filmez quelqu’un dans son quotidien, sur sa planche, en famille, vous voulez une caméra qui s’oublie et non un engin qui rappelle à chaque instant qu’on est en train de filmer.
La FS5 II offre aussi une excellente gestion des hautes lumières, précieuse pour filmer en extérieur avec le reflet de l’océan.
La Sony A7 IV — caméra du mouvement
Le Sony A7 IV prend en charge tous les plans dynamiques : suivis de Lou sur sa planche, mouvements en bord de mer, séquences d’entraînement.
Monté sur le stabilisateur DJI RS3 Mini, il devient une caméra de mouvement fluide et précise. Sa polyvalence photo/vidéo en fait aussi un outil idéal pour les coulisses et les moments informels entre les prises.
Les objectifs : trois focales, trois façons d’être proche
Dans un documentaire, le choix de l’objectif n’est pas qu’une décision technique. C’est une décision narrative. Chaque focale crée une relation différente entre la caméra et le sujet.
16-28mm f/2.8 — l’objectif de l’espace
Pour les plans larges, les paysages, l’immensité de l’océan. C’est l’objectif qui place Lou dans son environnement, toute petite dans une grande vague. Il sert aussi en intérieur quand l’espace est contraint. L’ouverture à f/2.8 garantit de bonnes performances en faible lumière.
24-70mm f/2.8 — le couteau suisse
C’est l’objectif qui reste sur la caméra 60% du temps. Peut-être même plus.
Interviews, plans de coupe, scènes de vie quotidienne, situations imprévues… il couvre tout. Sa plage focale large en fait le compagnon indispensable d’un tournage documentaire où on ne peut pas anticiper chaque situation.
70-200mm f/2.8 — l’objectif de la confidence
Le plus précieux pour le documentaire. Le 70-200 permet de capturer une expression, un regard, un sourire. A distance, sans être dans l’espace du sujet, sans qu’il sache qu’on filme. Ces plans « volés à distance » sont souvent les plus authentiques d’un documentaire. Ils valent de l’or en montage.
Stabilité : trépied, monopode et stabilisateur
Pour les interviews et les plans séquences fixes. Un bon trépied, c’est la stabilité émotionnelle du film : quand tout bouge autour, il y a des moments où l’image doit être posée, immobile, présente. C’est particulièrement vrai dans les séquences où Lou parle de son handicap, de ses sensations, de sa vie.
Entre le trépied et la main levée : le monopode. Plus stable qu’un plan à l’épaule, plus mobile qu’un trépied. Idéal pour les séquences d’entraînement, les déplacements rapides sur la plage, les moments où on doit bouger vite tout en gardant une image propre.
Le stabilisateur 3 axes DJI RS3 Mini transforme le Sony A7 IV en caméra de mouvement fluide. Léger, compact, précis. Il est taillé pour un tournage en conditions réelles : sable, eau, vent. Il permet des plans de suivi qui donnent cette sensation d’être dans la vague aux côtés de Lou.
Le moniteur externe Atomos Ninja V remplit deux rôles essentiels : voir vraiment ce qu’on filme en plein soleil sur la plage (l’écran de la caméra devient parfois illisible en extérieur), et enregistrer le signal en RAW externe pour maximiser la qualité en post-production.
Sur un tournage documentaire en extérieur, un moniteur n’est pas du luxe, c’est de la survie !
Le son : la partie que tout le monde néglige
Parlons du sujet le plus important et le plus souvent bâclé. Une image légèrement floue, le cerveau pardonne. Un son crachotant ou inaudible, le spectateur décroche immédiatement et ne revient pas.
Positionné sur la caméra principale, le micro appelé « top caméra » capte le son d’ambiance général : l’océan, les vagues, le vent, l’environnement sonore de la scène. Ce son d’atmosphère est indispensable pour l’immersion du spectateur et pour le montage son en post-production. Pour ça, on utilise plusieurs micros, notamment le Sennheiser MKE 600.
Pour les interviews et les moments clés, Lou sera équipée par un preneur de son professionnel avec son propre matériel dédié. Sur un tournage en extérieur, avec le vent, le bruit des vagues, une athlète en mouvement, le son ne s’improvise pas. Il se prépare, il se gère, il se surveille en temps réel. Faire appel à un professionnel du son est un des meilleurs investissements d’un tournage documentaire.
La lumière : intérieur, nuit et situations mixtes
En extérieur, la lumière naturelle fait le travail. Surtout en bord d’océan avec la lumière rasante du matin ou du soir. Mais dès qu’on passe en intérieur ou en situation de faible luminosité, il faut des sources artificielles maîtrisées.
Plans spéciaux : drone et GoPro
Pour les plans aériens sur l’océan, voir Lou surfer vu du ciel, sentir l’immensité de l’eau sous elle. Le drone ne sera pas utilisé en permanence : sur un documentaire, le surutiliser nuit à l’immersion. Mais sur quelques moments précis et préparés, il apporte une respiration visuelle au film et une mise en perspective saisissante du rapport entre Lou et l’océan.
Petite, étanche, incassable, la GoPro sera fixée sur la planche, peut-être sur Lou elle-même, pour donner le point de vue qu’aucune autre caméra ne peut offrir : celui de l’intérieur de la vague. Ce plan subjectif est au cœur du dispositif sensoriel du film, qui veut faire ressentir au spectateur comment Lou perçoit le surf malgré sa malvoyance.

Stockage et alimentation : les oubliés du setup
Personne n’en parle dans les vidéos et articles de setup. Pourtant, c’est là que les tournages se perdent.
Cartes SD Sony — haute vitesse
Sur une caméra comme la FS5 II, la vitesse d’écriture de la carte SD est critique. Une carte trop lente provoque des dropped frames, des fichiers corrompus, des pertes de données. Les cartes Sony haute vitesse garantissent un flux d’enregistrement stable même en 4K.
Double sauvegarde sur SSD
C’est une règle absolue en production audiovisuelle: chaque soir de tournage, tous les rushes sont copiés sur deux SSD distincts, conservés dans deux endroits différents. Perdre des rushes de documentaire, c’est irréparable. Vous ne pouvez pas refaire un moment de vie authentique. La double sauvegarde n’est pas une option, c’est une assurance.
Batteries SmallRig V-lock
Sur un tournage documentaire, il n’y a pas de « pause recharge » programmée. Les SmallRig V-lock offrent une longue autonomie et une recharge rapide. Il existe bien d’autres marques mais nous citons celle que nous utilisons. Prévoir le double de batteries nécessaires et toujours avoir une batterie chargée sur soi. Ça semble basique mais c’est méga important !
Filtres ND
Indispensables pour filmer en extérieur à pleine ouverture sans surexposer l’image. En plein soleil sur la plage, sans filtre ND, une ouverture à f/2.8 est impossible à maintenir. Les filtres ND permettent de contrôler l’exposition indépendamment de l’ouverture et de la vitesse d’obturation. C’est un outil indispensable en vidéo.
Ce dont vous n’avez pas besoin pour faire un beau documentaire
Voilà la partie la plus importante de cet article. Tout ce setup que vous venez de lire est notre outil à nous, pour notre film à nous. Vous n’avez pas besoin de tout ça pour commencer !
Un premier documentaire peut se filmer avec une caméra plus basique et un micro de bonne facture. Le résultat sera différent. Pas nécessairement moins beau. Juste différent.
Ce qui fait qu’un documentaire touche les gens, ce n’est pas la résolution de l’image. C’est la confiance entre le réalisateur et son sujet. C’est le moment capturé au bon instant.
Commencez avec ce que vous avez. Apprenez en filmant. Le matériel évolue avec les projets et les besoins, pas l’inverse.
Vous voulez suivre la fabrication de « Lou, dans la vague » étape par étape ? Chaque dimanche, un nouvel épisode est publié sur notre chaîne YouTube.
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